Le report de la contre-réforme des lycées, qui vise entre autres à diviser premier et second degrés, ne semble pas avoir eu l’effet escompté. Les lycéens restent mobilisés, tout comme les instits, les parents et les enseignants.
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Photothèque Rouge/Esteban |
Instits et parents n’ont pas désarmé : mercredi 17 décembre après-midi, on a compté encore de nombreuses manifestations (250 personnes à Toulouse…), distributions de tracts et veillées des écoles (Marseille…). Des actions sont menées dans la plupart des villes, la pression est toujours là. Nul doute, la reprise de la mobilisation va être incitée par la perspective d’une journée de manifestation unitaire, le samedi 17 janvier, à laquelle se joindront les parents d’élèves, et par celle d’une journée de grève interprofessionnelle, le jeudi 29 janvier, dans laquelle les enseignants illustreront la défense de l’école publique.
Malgré sa petite « reculade » sur les « jardins d’éveil », structures territoriales censées remplacer l’école maternelle pour les 2-3 ans, le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, n’a pas réussi à éteindre le feu au niveau des écoles primaires. La vague de « désobéissants » continue d’entretenir la résistance des instits, les lettres de désobéissance ayant été remises collectivement aux inspections académiques dans plusieurs départements. Des secteurs entiers « suspendent » l’aide personnalisée, en réponse à la mise à mort des Rased (enseignants spécialisés pour les élèves en difficulté). La pétition « Darcos démission », avant d’être piratée, avait rassemblé plus de 15 000 signatures. Après avoir voulu infliger un traitement d’exception à Bastien Cazals (retrait de huit jours de salaire) pour avoir revendiqué sa désobéissance aux contre-réformes Darcos, l’administration a annulé la poursuite le jour des vacances.
Ces « reculades », si elles restent à la marge, indiquent que le rapport de force est favorable à la mobilisation. La stratégie syndicale devra enfoncer le clou. On ne peut que regretter que l’intersyndicale de l’Éducation, réunie jeudi 18 décembre, n’ait pas débouché sur une nouvelle journée de grève, ce que demandaient les assemblées générales du 20 novembre. La FSU se pose la question d’appeler à la grève seule, en amont de la grève de la fonction publique du 29, si le mouvement enseignants-parents-lycéens se poursuit à la rentrée. Ce serait nécessaire, pour ne pas laisser le secteur se mobiliser seul et braver les pressions hiérarchiques de manière individuelle… Seule une action forte et fédérée pourrait venir à bout de ces contre-réformes. Ne laissons pas le mouvement refroidir avec la dinde de Noël et poussons les directions syndicales à fixer les cadres de lutte, notamment celui de la grève. ■
Hélène Kaplan
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